Project Description

Bleus en herbe

Ils sont aujourd’hui les stars du foot français. Mais c’est à la découverte de leurs tout premiers clubs que nous sommes partis. Sur les traces d’Hugo Lloris, Raphaël Varane, Yohan Cabaye, Paul Pogba et Anthony Martial, de Nice à Tourcoing en passant par Roissy.

Raphaël Varane – Hellemmes (59)

C’est un bond en arrière gigantesque pour le premier coach de Raphaël Varane. Un flashback de seize ans. « Il n’est pas resté très longtemps avec moi. Dès son deuxième entraînement, je m’étais vite aperçu qu’il avait quelque chose en plus sur le terrain et qu’il finirait par s’ennuyer si je le gardais davantage avec des enfants de sa propre catégorie. Je peux dire après-coup qu’il aurait complètement perdu son temps. C’est pourquoi on l’avait surclassé sans attendre », rapporte Benoît Hubaut, en charge des débutants de l’AS Hellemmes en l’an 2000. Le Madrilène avait 7 ans. Déjà porteur de belles promesses d’avenir, il démarrait sa carrière dans ce club de la banlieue lilloise.

« Certains jeunes s’appuient sur leurs qualités techniques, d’autres sur leur physique. De son côté, Raphaël était très grand pour son âge. Il était en avance au niveau morphologique puisqu’il faisait bien une tête de plus que les autres. Concernant ses aptitudes, il avait de l’habilité, sans être non plus un technicien d’exception. Mais il débutait donc c’était plutôt normal », relativise Benoît Hubaut. De quoi donner la mesure du chemin parcouru par le titulaire indéboulonnable de la charnière défensive française, désormais réputé pour son aisance balle au pied.
« Contrairement à des gamins qui venaient uniquement pour s’amuser ou passer le temps pendant que leurs parents en profitaient pour faire les courses à Auchan, on sentait vraiment que Raphaël venait pour jouer au foot. On voyait qu’il aimait ça. Il était impliqué dans ce qu’il faisait, était à l’écoute. C’est ça que je trouvais impressionnant chez lui. Bien sûr, on ne se lançait pas dans de grands discours à l’école de foot, mais il restait attentif à ce que l’on disait, on sentait que l’on ne parlait pas dans le vide avec lui. On lui conseillait de réaliser tel geste ou de jouer plus simplement et il mettait en pratique les consignes sans aucun problème. »

Après son passage éclair en débutants, direction l’étage supérieur pour Raphaël Varane. Le début de son ascension à vitesse grand V : à peine deux saisons plus tard, il quitte le stade Arthur Cornette pour intégrer un centre de formation. « Ce qui a beaucoup joué à l’AS Hellemmes, c’est que Raphaël était au dessus de la norme d’un point de vue physique. Il avait le même gabarit que des enfants plus vieux d’un an, voire deux ans. Certains éducateurs des équipes que l’on affrontait pensaient d’ailleurs qu’il était le plus âgé de notre groupe, alors que c’était tout le contraire. Ça surprenait souvent les gens, révèle Christophe Debuyser, l’entraîneur qui a hérité du surdoué en poussins. Il était aussi très rapide, très puissant. Sa frappe de balle était exceptionnelle : il possédait quasiment la qualité de frappe d’un gamin de quatre ans de plus. Avec moi, il évoluait latéral ou milieu axial défensif, même s’il n’y avait pas encore un véritable positionnement chez les petits. En tout cas, on avait détecté tout de suite son énorme potentiel et on savait qu’il deviendrait probablement défenseur. Il en avait déjà les attitudes. »

Texte Mathieu Ropitault – Photos Julien Poupart

A découvrir aussi Paul Pogba à Roissy-en-Brie, Anthony Martial Les Ulis, Hugo Lloris à Nice et Yohan Cabaye à Tourcoing dans le magazine Attitude #2